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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 16:48
 

L'Art est ce qui rend la vie plus interessante que l'Art 
Précieuse déclaration de Robert Filliou.

Robert Filliou participait aux performances de Fluxus, avec Joseph Beuys, Jean Dupuy, Ben Vautier, John cage, Nam Jun Paik, Yoko Ono... ils élaboraient ensemble et avec les spectateurs / regardeurs / acteurs des performances d'art total, délibérément inactives et inexistantes hors de l'instant où elles se donnaient, hors de leur confrontation direct avec le public. Peu de trace, des traces philosophiques comme cette phrase, ou l'invitation muette à prendre le droit agir/créer urgement d'un piano à queue enfermé dans une gangue de feutre, une seringue posée sur lui comme un gyrophare, de Beuys... Robert Filliou promenait une camionnette tout terrain pour que tout humain volontaire puisse participer à l'oeuvre d'art qui est le monde où l'on vit dès lors qu'on le transforme, détourne, poétise.

J'y pensais comme ça, il y a des phrases importantes.

 

La musique, celle qui se met en danger, celle qui ne cesse de se transformer pour être à l'instant où elle se donne une essentielle expression de la vie, vous attend, vous le principe actif, vous qui en êtes l'objet choyé, désiré, oui vous, le public. 

  

Résumé des rencontres de tournées, grands coups de foudres, et belles admirations d'un artiste/batteur, Denis Charolles, en trois jours de Festival La Belle Ouïe, du 23 au 25 avril au LMP (35 rue Léon M° chateau Rouge). Pas d'étiquettes où le ranger ce rendez vous, hormis celles de la beauté, de la sincérité musicale. Venez en masse! (Ci dessous, des détails).  

 

Et puis dimanche 27 avril, à l'Atelier Tampon (14 rue Jules Vallès M° Charonnes, 18h30, PAF 10€), un quintet inédit avec le grand pianiste Bobby Few, qui glisse dans son jazz très free beaucoup d'amour et de fascination pour les musiques "classiques", s'installe toujours avec candeur devant ce piano qui à chaque retrouvaille habite son corps et son âme d'un esprit qui le dépasse, le surprend, l'émerveille. À la trompette, Rasul Siddik, grand trompettiste, infatigable sensibilité, plaçant toujours le son d'ensemble devant la performance, distillant ses solos éclatants avec égard et parcimonie, à l'exact bon moment. Tom Mc Kenzie, contrebassiste au groove et à la musicalité spontanés, un retour impatiemment attendu par votre serviteure. Raï Fernandez-Bonini, percussionniste panaméen qui prend chaque musicien l'un après l'autre pour injecter dans leur jeu un je ne sais quoi de plus sorcier. Benjamin Sanz enfin, batteur de fougue à l'imagination nourrie par je ne sais quel feu entre Afrique et Outre Atlantique...

 

Aussi, Dolphy le témoin des meilleurs épisodes de la vie musicale parisienne, à glissé ici quelques passages savoureux de nos dimanches hors du temps : http://www.youtube.com/user/dolphy00 et d'autres concerts fameux dont la performance de Fabienne Audéoud avec Bobby Few, Harry Swift, Benjamin Sanz et Renaud Bezy...

 

Une fois de plus, venez nombreux, vous serez encore plus heureux.

 

Charlotte


FESTIVAL LA BELLE OUIE, le programme:

Mercredi 23 avril, vous pourrez effectuer une exploration des polyrythmies les plus sensationnelles avec Aka Moon (www.akamoon.com), trois musiciens belges fascinés par les structures rythmiques des Pygmées Aka, puis Abakuya, le groupe de François Essindi, rencontrant pour notre plus grand bonheur le batteur Brice Wassy :
Brice WASSY Batterie Percussions (Cameroun)
ABAKUYA : François ESSINDI Contes, chants, coquilles d’escargots, Mvet (Cameroun) / François MARNIER Accordéon (France) / Jimi SOFO Basse acoustique (Australie) / Hubert BETSI Tambours d’appel (Cameroun)

François Essindi est conteur, collecteur érudit du Sud Cameroun et musicien. Avec son groupe ABAKUYA, il mêle une verve improvisée, drôle et subversive, aux contes Boulou de ses aïeux ; son chant puissant transporte immédiatement l’auditoire en forêt.

Brice Wassy, batteur flamboyant issu de l’Ouest du Cameroun, a commencé sa carrière sur des casseroles et poêles à frire. A l’âge de 14 ans, il gagne la France et met son talent et sa pulse unique au service de grands noms du jazz et de la variété internationale (Jean Luc Ponty, Manu Dibango, Jacques Higelin, Don Cherry…) ; il assume ensuite durant dix ans la direction musicale de l’orchestre de Salif Keita. Porté à chaque pulsation par le génie rythmique des peuples du Cameroun, il s’emploie en maître, à renouveler sa propre histoire.

Un appel à la transe, des montées puissantes, où contes chants de forêt et tambours d’appel rejoindront les fureurs de la techno…

Jeudi 24 avril, la soirée commencera avec Raymond Boni et Teppo Hauta Aho.

 

Raymond Boni est un guitariste improvisateur, présenté avec concision par ce texte de Patrick Williams : « De la guitare de Boni, qu’elle soit électrique ou acoustique, s’échappent des échos du flamenco, de la rumba, des raditions tziganes d’Europe Centrale ou des Balkans, des bribes de chansons, de standards de jazz, des tournures qu’on reconnaît comme la signature des grands improvisateurs… S’échappent aussi des phrases imprévisibles, comme des appels du futur. Cela ne tient pas à la mise en œuvre d’un programme préalable ou à un souci d’encyclopédisme, et pas plus à une recherche à tout prix de l’originalité, non, c’est parce que cette musique va (« se laisser aller », dirait-on) au fond d’elle-même, au fond des choses. Boni réussit à rendre manifeste son appartenance à une communauté à travers une expression totalement personnelle. C’est ainsi qu’au-delà de la musique, l’improvisationfait place à des impressions que nous entendons comme des échos de « la vie même ». Patrick Williams

Teppo Hauta Aho vient lui de Finlande et joue de la contrebasse, ne manquons pas l'occasion d'en savoir plus

Ensuite, le Quatuor Béla, (Frédéric AURIER, Julien DIEUDEGARD violons, Julian BOUTIN alto, Luc DEDREUIL violoncelle) joue Black Angels, l’oeuvre de Georges Crumb, une réponse sonore, radicale et puissante – tout autant que les déflagrations électriques d’un certain Jimi Hendrix de Spar Spangled Banner sur l’hymne américain, à la Guerre du Vietnam.

Autour de Black Angels, ce quatuor, (brillant!), compose un périple dense et éloquent avec John Oswald, Gyorgi Ligeti, Mats Eden, Erkki-Sven-Tüür et Benjamin Britten. La complicité de ces musiciens (que l’on retrouve auprès d’Albert Marcoeur,Jean François Vrod, Les Rémouleurs, et plusieurs formations dédiées aux répertoires classique et contemporain), leur engagement auprès d’oeuvres minutieusement choisies, donne à ce répertoire un souffle résolument présent, habité.

Enfin le festival s'achèvera le vendredi 25 avril avec le percussionniste Le Quan Ninh en solo pour une improvisation spaciale, suivi d'un Cabaret des Musiques à Ouïr avec Denis Charolles batterie, arrosoir, guitare préparée, graviers trombone etc... Frederic Gastard saxo basse et machines/ Alexandre Authelain clarinette saxophones et machines/ Jari Hongisto trombone Finlandais/ François Pierron contrebasse/ Loïc Lantoine Chansons / Andre Minvielle scat de jazzcogne/ Rene Lacaille accordéon de Réunion, une grande association de jazz de fête d'improvisations et de chansons...

Le tout au Lavoir Moderne Parisien, 35 rue Léon Paris 18ème à 20h30
L'entrée est de 15€ plein tarif, 10€ pour les étudiants et chomeurs, 5€ pour les abonnés au LMP, et je vous invite à réserver bien vite à l'adresse
resa@rueleon.net
Le détail du programme se trouve sur le site de la rue Léon,
www.rueleon.net

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